Avec Nvidia, Microsoft veut muscler l'IA locale sur ses PC, mais au prix fort
Microsoft a lancé mercredi des ordinateurs Windows dotés pour la première fois d'un processeur Nvidia, nouvelle étape de sa stratégie pour faire tourner l'intelligence artificielle (IA) sur la machine plutôt que sur des serveurs distants, mais à un prix élevé, à partir de 2.600 dollars.
Le groupe vante depuis 2024 des PC capables d'exécuter l'IA localement, d'abord avec des puces Qualcomm, pour des tâches courantes comme la recherche ou la retouche d'images.
Avec la puce RTX Spark de Nvidia, il promet des modèles bien plus puissants, et offre à la première capitalisation mondiale une entrée sur le marché des processeurs de PC, dominé depuis des décennies par Intel.
Omniprésent dans les centres de données, Nvidia s'attaque ainsi au marché des processeurs de PC, dominé depuis des décennies par Intel.
"Nous avons complètement réinventé l'ordinateur personnel", a avancé le patron de Nvidia, Jensen Huang, reprenant un leitmotiv lancé en juin.
"Tous les fabricants de portables, de PC de bureau et de stations de travail nous ont rejoints", a-t-il assuré.
Les constructeurs Asus, Dell, HP, Lenovo et MSI lancent des portables PC bâtis autour de la même puce, livrés comme celui de Microsoft, le Surface Laptop Ultra, à partir du 16 octobre.
Jusqu'ici, l'essentiel des calculs de l'IA générative s'effectue dans des centres de données distants (cloud) et se facture à l'usage.
Or "les besoins des clients dépassent ce que leurs budgets +cloud+ peuvent supporter", affirme Pavan Davuluri, responsable de Windows chez Microsoft, qui est l'un des géants de l'informatique à distance.
Le groupe promet donc une IA "hybride": les tâches courantes sur la machine, sans facturation supplémentaire ni transfert de données, les plus complexes en ligne.
"Il n'y aura jamais un moment où l'on se dira +ceci tourne en local, cela dans le +cloud+", a prédit le PDG de Microsoft Satya Nadella, pour qui le manque de confiance freine encore l'adoption de ces technologies.
Ces portables ne peuvent toutefois faire tourner que les meilleurs modèles d'IA d'il y a un an, et non les plus récents, précise Microsoft.
Ce lancement intervient en pleine pénurie de puces mémoire, accaparées par les centres de données d'IA, qui renchérit l'électronique grand public.
Le rival Apple, qui vend depuis septembre des Mac conçus pour le même usage, doit présenter de nouveaux MacBook Pro dès octobre, selon l'agence Bloomberg. Et Google doit lancer cet automne ses premiers portables bâtis autour de son IA Gemini.
Les deux dirigeants ont aussi défendu la sécurité de ces machines, alors que des agents -- ces IA qui agissent seules pour l'utilisateur -- ont multiplié les incidents ces derniers mois. Windows les isole désormais du reste de l'ordinateur. "Sans cela, c'est totalement voué à l'échec", a jugé M. Huang.
L'assistant Copilot de Microsoft pourra, d'ici quelques mois, consulter les fichiers de l'ordinateur et agir dessus de façon autonome, avec l'accord de l'utilisateur.
W.Rojas--GBA