Gazeta Buenos Aires - Tour de Lombardie: Paul Seixas, Monumental

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Tour de Lombardie: Paul Seixas, Monumental
Tour de Lombardie: Paul Seixas, Monumental / Photo: Marco BERTORELLO - AFP

Tour de Lombardie: Paul Seixas, Monumental

Annoncé comme l'élu du cyclisme français, Paul Seixas est devenu le plus jeune vainqueur de l'histoire séculaire du Tour de Lombardie, le premier Monument de sa jeune carrière, après un énorme numéro en solitaire samedi à Côme.

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"C'était un rêve et aujourd'hui mes jambes me faisaient rêver, c'est juste fou", a réagi le leader de Decathlon CMA CGM, un phénomène de précocité, qui réussit des choses que même Eddy Merckx ou Tadej Pogacar, le grand absent samedi, ne faisaient pas au même âge.

"Bravo gamin. Non, Monsieur maintenant", a lâché son coéquipier Nicolas Prodhomme en tombant dans les bras de son leader qui, à seulement 20 ans et 16 jours, est devenu le plus jeune vainqueur en 120 éditions de la vénérable classique des feuilles mortes.

Le phénomène lyonnais est désormais aussi, derrière trois Belges il y a plus de 80 ans, le quatrième plus jeune vainqueur d'un Monument, appellation regroupant les cinq classiques les plus prestigieuses du calendrier avec également Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège.

"Pfff, c'est fou, je ne réalise pas, tout s'est déroulé à la perfection", a déclaré Seixas avant de partir entonner la Marseillaise à pleins poumons sur le podium installé le long des rives sublimes du lac de Côme.

Quelques minutes plus tôt, il avait été irrésistible en s'envolant seul dans les pentes terribles du Civiglio.

- "J'avais des jambes incroyables" -

Vissé sur sa selle, il a accéléré à 19 kilomètres de l'arrivée pour éliminer progressivement tous les autres favoris, mis au supplice: d'abord Remco Evenepoel, finalement quatrième, puis le champion du monde Brandon McNulty, Isaac Del Toro, Tom Pidcock, Enric Mas et enfin Giulio Ciccone.

"J'avais des jambes incroyables. J'ai attaqué un peu plus tôt que prévu car le rythme n'était pas assez élevé à mon goût au début de l’ascension. Après, c'était un contre-la-montre contre moi-même", a raconté le jeune homme qui a couru à merveille sur un parcours pour grimpeurs, s'économisant au maximum jusqu'au final où il a mis tout le monde à l'amende.

Seul à l'avant, Seixas a encore creusé son avantage dans la deuxième ascension de San Fermo della Battaglia pour s'imposer en solitaire après 239 km de course, avec 48 secondes d'avance sur Mas et 1 min 05 sec sur Ciccone.

Dans la dernière ligne droite, il n'a cessé de se retourner, pour s'assurer que vraiment personne n'était à ses trousses, avant de se prendre la tête entre les mains au moment de franchir la ligne en vainqueur.

"J'ai entendu que j'avais 30-40 secondes d'avance, un bon écart mais pas assez pour croire à la victoire avant la dernière ligne droite", a-t-il expliqué dans un rire enfantin.

- Saison exceptionnelle -

Avec cette victoire, la première d'un Français dans un Monument depuis Julian Alaphilippe en 2019 à Sanremo, Seixas prend une revanche éclatante sur sa déception des Mondiaux (15e) et boucle une saison – sa deuxième chez les professionnels – absolument exceptionnelle.

"Après les Championnats (du monde) je suis passé à autre chose, je me suis entraîné dur pour arriver ici et voilà", a-t-il dit.

Au total, il a remporté huit succès en 2026, notamment la Flèche Wallonne et le Tour du Pays basque, pris la quatrième place du Tour de France, dont il a été le plus jeune participant depuis 1937, et terminé deuxième de Liège-Bastogne-Liège et des Strade Bianche, à chaque fois derrière Tadej Pogacar.

Il succède au palmarès du Tour de Lombardie au Slovène, quintuple vainqueur sortant, qui était absent cette année après sa lourde chute sur la Vuelta.

Mais tous les autres cadors étaient là et Seixas les a dominés de la tête et des épaules alors qu'il ne participait qu'à son troisième Monument.

Ce premier triomphe majeur ouvre des perspectives énormes à Seixas qui incarne plus que jamais l'espoir de voir un Français gagner à nouveau le Tour de France et succéder à Bernard Hinault, le dernier à y être arrivé, en 1985.

"Il faut que j'en profite avant qu'il nous détruise tous", avait déclaré Pogacar au printemps à Liège. Samedi, le Slovène n'était pas là, mais tous les autres ont déjà pu constater les dégâts.

E.Figueroa--GBA