Santé: le ministère lance un "observatoire" de la désinformation
Pour tenter de "riposter" à la désinformation médicale, le ministère de la Santé lance mercredi un "observatoire", promis depuis plus d'un an, chargé de détecter, analyser et répondre aux fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux via une chaîne TikTok.
Présentée comme une "priorité" en janvier par la ministre Stéphanie Rist, la lutte contre la désinformation en santé se dote de son premier outil: un "observatoire" avec la mission de "documenter le phénomène", "détecter les signaux émergents" et partager "des informations scientifiques fiables", selon le ministère.
Cette structure avait déjà été promise en avril 2025 par l'ancien ministre de la Santé Yannick Neuder, avant d'être reprise par l'actuelle ministre dans la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, annoncée il y a dix mois.
Vaccination, cancer, alimentation : la désinformation en santé est "un phénomène massif" qui peut "détourner les patients du soin" ou "créer la méfiance autour du traitement", souligne le ministère.
Selon un sondage réalisé en ligne du 6 au 12 mars et dévoilé mercredi, sur un échantillon d'environ 2.000 personnes, près de 4 Français sur 10 (38%) pensent être exposés à des informations fausses en matière de santé au moins une fois par mois, voire une fois par semaine pour 18% d'entre eux.
En pratique, l'observatoire de la désinformation, appuyé par une expertise scientifique indépendante, exercera une veille continue, publiera des baromètres et des recherches, et pourra animer des groupes de travail, a précisé le cabinet de la ministre.
Il s'appuie aussi sur un "dispositif d'infovigilance" - également annoncé en janvier - chargé d'organiser la "riposte" en diffusant des réponses "à la fois sur le site Santé.fr" et via le compte "Le CheckUp" sur TikTok.
Ce réseau social a été privilégié par le ministère car il "rassemble le plus de cas de désinformation" et pour toucher les jeunes.
En plein Octobre rose - mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein -, le ministère souhaite diffuser des informations fiables sur ce cancer "très exposé aux fake news, que ce soit le dépistage, les mammographies, les traitements, les effets secondaires ou les pratiques alternatives".
"La désinformation n'est pas juste un sujet de communication" mais un enjeu "de santé publique", assure le cabinet de Stéphanie Rist.
Côté moyens, aucune "enveloppe spécifique" n'est prévue pour ces dispositifs, la veille "est opérée au sein de la direction de la communication du ministère", qui va "peut-être être un peu renforcée".
A.P.Moreno--GBA