Les Israéliens votent massivement aux premières législatives depuis le 7-Octobre
Les Israéliens se déplacent massivement pour voter mardi aux premières élections législatives depuis le 7-Octobre, un scrutin décisif pour l'avenir du Premier ministre Benjamin Netanyahu et celui de leur pays fracturé.
A 08H00 GMT, soit trois heures après le début du scrutin qui s'achèvera à 20H00 GMT, le taux de participation s'élevait à 16,68%, soit le score le plus élevé depuis 1981, selon les données de la Commission électorale.
Cet engouement illustre le caractère déterminant que revêt ce scrutin aux yeux de nombreux Israéliens, y compris de dizaines de milliers d'expatriés rentrés voter au pays. Eilana Zisblit, 55 ans, vit au Canada depuis près de 30 ans. C'est la première fois qu'elle revient pour participer à une élection.
"Le pays va dans une mauvaise, une très mauvaise direction", dit-elle devant un bureau de vote dans le quartier de Jérusalem où elle a grandi. "J'ai le sentiment que c'est maintenant ou jamais" qu'il faut voter, "sinon le pays risque vraiment de ne pas survivre", ajoute-t-elle.
Un peu plus loin, une autre électrice qui préfère rester anonyme dit être arrivée en Israël le matin-même pour voter avant de reprendre l'avion en fin de journée pour rentrer aux Etats-Unis où elle réside.
Les élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.
Les résultats seront scrutés dans le monde entier, alors que M. Netanyahu multiplie de nouveau les menaces contre l'Iran au risque d'aggraver un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
- "Du changement" -
Selon les derniers sondages, la coalition de droite et d'extrême droite de M. Netanyahu et le bloc principal de l'opposition emmené par un ancien chef de l'armée, le centriste Gadi Eisenkot, sont au coude-à-coude. Mais aucun des deux camps ne semble en mesure de décrocher la majorité des 61 sièges à la Knesset, ce qui augure de longues tractations à l'issue du scrutin.
Les principales chaînes de télévision publieront des projections immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, en attendant les résultats officiels dans les jours suivants.
L'une des clés de ce scrutin sera aussi la minorité arabe israélienne, qui constitue 20% de la population et se dit discriminée comme jamais.
"Je veux du changement", dit Asia Egbaria, étudiante en droit de 23 ans après avoir voté à Oum al-Fahm, ville majoritairement arabe du nord. "Je ne veux plus être traitée comme une citoyenne de deuxième ou de troisième classe. C'est tout. Je veux juste vivre en paix et sereinement", dit-elle.
M. Netanyahu, 77 ans dont 19 à la tête du gouvernement, soit plus qu'aucun de ses prédécesseurs, a appelé ses concitoyens à "bien voter", juste après avoir glissé son bulletin dans l'urne à Jérusalem.
Lors de la campagne, il a cherché à convaincre qu'il était le mieux placé pour assurer la sécurité d'Israël malgré l'échec du 7-Octobre, en mettant en avant les coups portés au Hamas à Gaza et au Hezbollah au Liban.
Il a aussi promis, en cas de victoire, de "finir le travail" en Iran, tandis que ses ministres d'extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont présenté des plans pour expulser les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupée.
- "Détestés par le monde entier -
Pour les opposants de la coalition sortante, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que M. Netanyahu, en procès pour des accusations de corruption, n'a eu de cesse de s'en prendre au pouvoir judiciaire.
Ancien chef d'état-major, M. Eisenkot a fait une campagne plus discrète que l'actuel Premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de "rassembler à nouveau tous les Israéliens".
Or Horning, 39 ans et travaillant dans la tech à Tel-Aviv, espère tourner la page "des guerres, des attaques terroristes, de tous ces traumatismes, du plus grand scandale sécuritaire de l'histoire d'Israël".
"On mérite d'avoir un pays qui (...) n'est pas détesté par le monde entier et qui prend soin de ses citoyens. Ce n'est pas le cas actuellement", dit-il.
C.Silva--GBA