Gazeta Buenos Aires - La Chine accepte de contenir ses exportations de véhicules hybrides vers l'UE, annonce un commissaire européen

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La Chine accepte de contenir ses exportations de véhicules hybrides vers l'UE, annonce un commissaire européen
La Chine accepte de contenir ses exportations de véhicules hybrides vers l'UE, annonce un commissaire européen / Photo: ADEK BERRY - AFP

La Chine accepte de contenir ses exportations de véhicules hybrides vers l'UE, annonce un commissaire européen

La Chine a accepté vendredi de "modérer" le flux de véhicules hybrides dans l'UE, une décision susceptible de stopper l'arrivée de millions de véhicules chinois sur le marché européen dans les prochaines années, a dit le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic.

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Pékin a aussi accepté d'appliquer au titre de la clause de la nation la plus favorisée des droits de douanes réduits sur un certain nombre de produits d'un volume global d'environ quatre milliards d'euros, ce qui représente une économie en droits de douanes de 225 millions d'euros, a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue de deux jours d'entretiens à fort enjeu à Pékin.

Les produits concernés sont des pièces automobiles, de l'huile d'olive et des denrées alimentaires notamment, a-t-il précisé.

Le commissaire européen était en Chine pour poursuivre un dialogue entamé il y quelques mois par une Union européenne résolue à agir face à un déficit commercial qui atteint désormais environ un milliard d'euros par jour depuis 2025, avec ses répercussions sur l'industrie et l'emploi européens.

L'UE menace de sévir en l'absence de résultats tangibles et concrets. La Chine prévient qu'elle réagira, et l'objet du déplacement de M. Sefcovic était d'éviter une escalade. Le communiqué conjoint publié après les entretiens affirme la volonté des deux parties de continuer et d'approfondir le dialogue, et paraît dissiper la menace d'une confrontation ouverte immédiate, avec surenchère de droits de douanes et autres restrictions.

- "Premier pas" -

Les résultats des entretiens seront présentés aux chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis en sommet la semaine prochaine à Bruxelles, a dit M. Sefcovic. "C'est là que sera prise la décision finale" sur la suite, a-t-il dit.

"C'est un premier pas crucial, mais ce n'est qu'un premier pas dans le processus de rééquilibrage" des relations commerciales, a-t-il dit devant la presse.

"S'agissant des véhicules hybrides et hybrides rechargeables, il est question de réduire de plusieurs millions d'unités, sur une période de quatre ans, les exportations de la Chine vers l'Union européenne, ce qui, à mon sens, est considérable", a-t-il dit. Il a précisé qu'il s'agissait d'une perspective fondée sur les projections d'importations européennes de véhicules chinois dans les prochaines années.

L'association des constructeurs automobiles européens (ACEA) a salué dans un communiqué "une avancée positive", tout en se réservant d'analyser dans le détail le contenu de l'accord.

La Chine est par ailleurs "disposée à continuer à faciliter (l'octroi de ) licences pour l'approvisionnement en terres rares et en aimants permanents vers l'Europe", un enjeu majeur des relations entre le bloc européen et la deuxième économie mondiale, dit la déclaration conjointe.

Bruxelles et Pékin "sont convenues de l'importance d'améliorer la prévisibilité et la stabilité des chaînes d'approvisionnement industriel mondiales", dit le communiqué publié par les deux parties.

La domination chinoise sur les terres rares et sa possible instrumentalisation sont une préoccupation européenne majeure en particulier dans l'éventualité d'une escalade commerciale.

- "Inquiétude" -

La Chine domine l'extraction et le raffinage de ces matières premières essentielles à de nombreuses industries stratégiques. La dépendance de l'Europe en la matière est très forte et ses chaînes d'approvisionnement avaient été durement affectées par les restrictions imposées en 2025 par Pékin sur les exportations.

Bruxelles et Pékin se sont entendues pour tenir la troisième réunion de ce dialogue en mars 2027 et rester en communication d'ici là, dit le communiqué conjoint.

Les experts soulignent que les deux parties ont beaucoup à perdre dans un bras de fer, à cause de la dépendance européenne aux approvisionnements critiques chinois et celle de l'économie chinoise aux exportations.

Les entreprises européennes présentes en Chine abordaient les discussions de cette semaine avec une certaine "inquiétude", a dit vendredi à l'AFP Adam Dunnett, secrétaire général de la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine.

Ces compagnies sont "conscientes de l'importance (du) déséquilibre commercial", a-t-il déclaré. "Elles sont pleinement favorables à ce qu'il soit corrigé mais souhaitent que cela se fasse de manière proportionnée, ciblée et négociée, afin de préserver la relation globale entre les deux parties", a-t-il souligné.

"Une escalade reste possible", prévenait-il avant la communication du ministère du Commerce chinois.

Cependant, même un net durcissement des restrictions européennes "n'aurait qu'un faible impact sur l'économie chinoise", estime dans une note Nguyen Hoang Nam, économiste chez Capital Economics.

"Selon nos estimations, une hausse supplémentaire de 20 points de pourcentage des droits de douane sur les importations chinoises dans les secteurs stratégiques ne réduirait le PIB chinois que de 0,2 à 0,4%", souligne-t-il.

X.Sosa--GBA