Gazeta Buenos Aires - Mobilisation lycéenne : un "acte III" sous très haute surveillance

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Mobilisation lycéenne : un "acte III" sous très haute surveillance
Mobilisation lycéenne : un "acte III" sous très haute surveillance / Photo: Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP

Mobilisation lycéenne : un "acte III" sous très haute surveillance

Des dizaines de milliers de lycéens vont de nouveau manifester mardi partout en France pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement qui ne parviennent pas à baisser la température après plusieurs jours de tensions, des dégradations et des cohortes de blessés.

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Pour cet "Acte III" d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris, Lyon, Marseille et une trentaine d'autres villes.

"Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens", selon sa responsable Sophie Binet, alors que les blocages de lycées et rassemblements se sont accompagnés de nombreuses tensions avec les forces de l'ordre.

Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi - la gauche s'est immédiatement insurgée contre la doctrine de maintien de l'ordre du gouvernement. À Tours, la semaine dernière, un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil lors d'un blocage, le parquet a évoqué des lésions "compatibles" avec un tir de LBD.

Les lycéens, mobilisés pour réclamer des moyens, dénoncer l'insalubrité des bâtiments, le non-remplacement de professeurs, notamment dans les quartiers populaires, ou encore les pressions et inégalités liées à la plateforme post-bac Parcoursup, devraient aussi recevoir mardi le renfort des étudiants.

- "Convergence" ? -

"On appelle à massivement bloquer tous les lieux d'études pour être en capacité de continuer à faire grandir la mobilisation et se retrouver avec une convergence des lycéens, lycéennes, étudiants, étudiantes, mais aussi des travailleurs et des travailleuses, d'autres secteurs qui commencent à nous appuyer", a expliqué Eloïse Lefebvre-Milon, de l'Union étudiante, qui recensait une trentaine de sites bloqués déjà lundi.

La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, classé à gauche, a également appelé les agriculteurs à faire "converger" les "colères" et à rejoindre la mobilisation des lycéens avec leurs tracteurs.

A un peu plus de six mois de la présidentielle, élection qui verra certains des lycéens mobilisés voter pour la première fois, cette mobilisation s'étire dans un climat politique et social particulièrement tendu, sur fond de hausse des prix et de recherches de coupes budgétaires dont certaines concernent les jeunes, comme les aides au logement.

Il existe une "génération qui a l'impression de ne pas suffisamment être prise en compte dans l'élaboration des décisions qui la concernent directement", a estimé lundi Édouard Geffray, un ministre de l’Éducation jusqu'ici discret propulsé en première ligne pour tenter de contenir l'incendie.

A l'image d'un gouvernement qui, entre rétablissement de l'ordre public et écoute des revendications d'un mouvement sans porte-parole très identifié, marche sur un fil pour gérer l'une des crises les plus délicates à laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu est confronté depuis son arrivée il y a un an à Matignon.

- Mouvement "atypique" -

Les revendications du mouvement lycéen doivent être portées "dans un cadre pacifique", a indiqué lundi soir Matignon, appelant à ce que la mobilisation de mardi permette de "renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique".

Les forces de l'ordre seront encore mobilisées pour le nouvel épisode d'une mobilisation qui a déjà connu son lot d'affrontements et de blessés : plus de 700 chez les forces de l'ordre et près d'une centaine chez les personnels de l'éducation, selon les chiffres officiels.

Quelque 6.059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et plus de 5.000 personnes, essentiellement des mineurs, ont été placées en garde à vue, selon l'Intérieur. Dix enquêtes ont été ouvertes par la "police des polices" depuis le début du mouvement, selon l'entourage du ministre Laurent Nuñez.

Pour la manifestation prévue à Paris, à partir de 14h00, quelque 2.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer un cortège qui pourrait compter entre 20.000 et 40.000 manifestants. La vigilance des autorités porte aussi sur d'éventuels "prérencards" dès la mi-journée dans plusieurs endroits de la capitale, sans déclaration préalable en préfecture.

Ce mouvement "est atypique par son origine parce que c'est la première fois qu'un mouvement survient qui ne suit pas une réforme de l'éducation ou une réforme concernant la jeunesse (...) Là, c'est quelque chose de plus spontané, de plus éruptif", observe le sociologue Olivier Galland, directeur de recherche émérite au CNRS.

O.P.Olivares--GBA