Pourparlers sur l'Ukraine : pour Zelensky la guerre va continuer cet hiver
Les émissaires envoyés par Donald Trump à Moscou puis Kiev dimanche se sont félicités de discussions "significatives", mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé que la guerre avec la Russie continuerait cet hiver, faute de volonté de son homologue russe de négocier directement avec lui.
"Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l'hiver, ce qui semble être le cas pour l'instant", a déclaré M. Zelensky lors d'une conférence de presse à l'issue de ses entretiens avec Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président américain.
Steve Witkoff, qui s'était plus tôt félicité de discussions "très significatives" dimanche à Kiev après avoir été reçu au Kremlin samedi soir, a de son côté souligné que Moscou et Kiev devraient faire des compromis pour trouver une issue à la guerre qui les oppose depuis l'invasion russe du pays en 2022.
"Il faudra que les deux parties fassent des compromis et réduisent les divergences, et nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir", a-t-il dit. "C'est très difficile, mais nous sommes déterminés", a-t-il ajouté.
Mais le président ukrainien a maintenu que la question territoriale -- centrale dans le conflit -- ne pouvait être réglée que lors de rencontres entre chefs d'Etat.
"Je veux m'en tenir à ma position qui est que des questions aussi complexes (sur les territoires, NDLR) ne peuvent être résolues qu'au niveau des dirigeants", a dit Volodymyr Zelensky, qui appelle de longue date son homologue russe à négocier directement, ce à quoi Vladimir Poutine se refuse.
Une autre session de pourparlers impliquant les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne et des conseillers européens, respectivement l'Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne, a également eu lieu.
- Première visite -
Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, Donald Trump a amorcé plusieurs cycles de discussions pour trouver une issue à la guerre déclenchée par l'invasion russe de 2022, la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Mais ces tentatives n'ont jusqu'à présent mené à aucune avancée tangible.
Les négociations bloquent essentiellement sur la question territoriale, Moscou exigeant que l'armée ukrainienne se retire entièrement de la région orientale de Donetsk, ce que Kiev refuse catégoriquement.
"On espère que ces négociations résoudront quelque chose. En tant qu'Ukrainienne, je veux que cela ait lieu avec une préservation de nos territoires", affirme à l'AFP Ioulia, 41 ans, rencontrée à Kiev. Elle dit venir des territoires sous occupation russe et travailler comme femme de ménage.
Iaroslav, 29 ans, un autre habitant de Kiev qui refuse de donner son nom de famille, est sceptique : "Il y a déjà eu tellement de négociations" sans que le paix n'advienne, dit-il à l'AFP.
- "Un certain nombre d'idées" -
Vladimir Poutine s'est entretenu pendant trois heures samedi soir avec Steve Witkoff et Jared Kushner.
- Suspension des frappes sur Kiev -
A l'occasion de ces nouveaux pourparlers, Vladimir Poutine a décrété une cessation des frappes sur Kiev pour trois jours, de samedi jusqu'à lundi inclus. Volodymyr Zelensky a lui annoncé un arrêt des attaques visant Moscou pendant la même période.
Mais ailleurs en Ukraine et en Russie, les hostilités se poursuivent.
Dans la nuit de samedi à dimanche, Moscou a attaqué l'Ukraine avec 108 drones et des missiles, a rapporté l'armée de l'air ukrainienne, affirmant en avoir abattu la plupart et précisant que 11 sites du pays avaient néanmoins été touchés par ces bombardements.
Pour sa part, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé 258 drones ukrainiens lancés sur la Russie pendant la nuit écoulée. Un incendie a touché une entreprise dans la ville de Riazan, au sud-est de Moscou, selon le gouverneur, le média russe ASTRA affirmant qu'il s'agissait d'une raffinerie.
I.Godoy--GBA