L'Iran met en garde les pays du Golfe contre toute aide aux Etats-Unis
L'Iran a prévenu mercredi les pays du Golfe contre toute assistance à l'armée américaine, après la décision des Emirats arabes unis de suspendre leurs échanges commerciaux avec Téhéran, sur fond d'intensification des tensions régionales.
"Toute assistance ou facilitation apportée à l'armée agresseuse américaine équivaut à une participation aux opérations militaires américaines", a averti le chef des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, à l'adresse des pays du Golfe.
"Il paraît improbable qu'un tel nombre d'avions militaires, notamment des avions ravitailleurs, se trouvent sur des bases régionales à l'insu des pays hôtes", a-t-il ajouté, alors que le porte-avions USS George Washington est redéployé au Moyen-Orient pour prendre la relève de l'USS Abraham Lincoln.
Plusieurs pays du Golfe accueillent des installations militaires américaines.
Cette mise en garde intervient alors que les Emirats arabes unis ont suspendu leurs échanges commerciaux avec l'Iran, tandis que le président des Etats-Unis Donald Trump a affirmé qu'aucune discussion avec Téhéran n'avait lieu.
- "Aucune conversation" -
Malgré une baisse des hostilités depuis les premières frappes israélo-américaines et les représailles iraniennes, les tensions dans la région restent vives après près de six mois de guerre.
Les Emirats arabes unis ont accusé mardi l'Iran d'avoir tiré deux missiles balistiques, tombés en mer, qui visaient "la navigation maritime".
Dans la foulée, la diplomatie émiratie a annoncé sur X suspendre jusqu'à nouvel ordre tous "les échanges commerciaux" et "transactions financières" avec l'Iran.
Téhéran a nié avoir lancé des missiles dans le Golfe, rejetant "catégoriquement" les accusations émiraties.
"Aucune conversation ni discussion n'a lieu en ce moment ni n'est programmée avec la République islamique d'Iran. Le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif. Le détroit d'Ormuz est ouvert et fonctionnel. Toutes les mines marines ont été enlevées ou déclenchées", a quant à lui écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
La déclaration s'inscrit à rebours de celle de l'émissaire et gendre du président américain Jared Kushner, qui a fait état lundi de discussions "très positives et animées" avec Téhéran.
Selon une source américaine contactée par l'AFP, ces échanges ont été suspendus et Donald Trump a demandé à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne se rapprocherait pas des positions américaines.
- Conditions iraniennes -
Les autorités iraniennes n'ont guère envoyé de signaux en ce sens.
Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré mardi que le détroit ne serait pas ouvert tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par un protocole d'accord signé en juin.
Ce texte prévoyait soixante jours de trêve pour négocier un règlement diplomatique durable, mais il n'a débouché sur rien.
Le négociateur iranien a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".
Malgré les affirmations du dirigeant républicain, le trafic dans la zone reste très faible par rapport à ses niveaux d'avant le conflit.
Le décompte des navires est toutefois rendu difficile par le fait que certains vaisseaux choisissent de désactiver leurs transpondeurs, des émetteurs-récepteurs qui communiquent leur position, au moment de le traverser.
- Oman -
Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé cette voie de transit majeure des hydrocarbures.
Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.
Le gouvernement américain parie sur les effets à long terme de la pression économique infligée à l'Iran au travers du blocus maritime et de diverses sanctions.
Le Qatar, l'un des médiateurs entre Téhéran et Washington, a affirmé mardi qu'un accord entre l'Iran et Oman sur le détroit d'Ormuz "faciliterait" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Ces deux pays, riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de la future gestion du détroit. Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé envisagé par ceux-ci "ont été approuvées".
L'Iran, qui prend pour cible des navires tentant de traverser le détroit sans demander d'autorisation, veut imposer des frais de navigation pour des services aux vaisseaux y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région.
C.Azevedo--GBA