Gazeta Buenos Aires - Biodiversité: dans les prolongations, la COP17 tente de dernières avancées

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Biodiversité: dans les prolongations, la COP17 tente de dernières avancées
Biodiversité: dans les prolongations, la COP17 tente de dernières avancées / Photo: STRINGER - AFP

Biodiversité: dans les prolongations, la COP17 tente de dernières avancées

Derniers échanges avant la dernière séance plénière au dernier soir de la COP17 sur la biodiversité en Arménie : près de 200 Etats tentent des arbitrages sur le fil, au terme de deux semaines de discussions émaillées de profonds désaccords, sur fond de remise en cause de la science.

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Les points les plus importants devraient peu bouger à l'issue de cette conférence à Erevan, à l'instar de la tentative d'abaisser les subventions aux activités néfastes comme l'exploitation de pétrole, d'une augmentation du financement de la biodiversité et de la contribution des entreprises à un fonds onusien pour la conservation, très peu doté.

Cette COP "ne restera pas dans les annales pour ses avancées", a jugé vendredi la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, devant des journalistes.

Une séance plénière doit se tenir en début de soirée et s'étendre jusqu'à minuit heure locale, selon l'agenda de la présidence de la COP17, qui espère clôturer l'événement par une conférence de presse avant 01H00 du matin.

Lors du dernier sommet sur la biodiversité qui s'était tenu en Colombie en 2024, les discussions s'étaient conclues sans qu'un accord ait été trouvé sur le financement de la conservation. Les négociations ont repris début 2025 à Rome, où un accord a finalement été conclu.

- Profonds désaccords -

Avant la nuit, des discussions continuent à se tenir dans des groupes de travail plus restreints et laissent entrevoir de profonds désaccords entre Etats sur des projets de formulations.

"Ils travaillent d'arrache-pied. Mais dans le même temps, nous constatons que plusieurs questions clés restent en suspens", a dit à l'AFP Guido Broekhoven, observateur attentif des négociations à l'ONG WWF International.

Les discussions se sont notamment focalisées vendredi sur l'adoption d'un "examen mondial" des progrès accomplis en matière de biodiversité, très attendu mais en suspens.

Il se base sur les progrès réalisés après un accord pour la biodiversité de 2022 baptisé Kunming-Montréal, et considéré comme l'équivalent de l'Accord de Paris sur le climat.

Cet accord fixe 23 objectifs à respecter d'ici 2030 tels que la protection de 30% des terres et des océans, la lutte contre la pollution et les espèces envahissantes, ainsi que la restauration des écosystèmes dégradés. Mais quasiment tous sont en retard.

L'examen mondial vise à remettre les États sur les rails, avec des propositions concrètes, mais les Etats butent sur de nombreux passages, notamment les subventions accordées aux activités néfastes, évaluées à 2.600 milliards de dollars par an. Plus généralement, l'ambition de cet appel à reprendre les efforts paraît faible.

Autre point important : qui doit payer pour atteindre les objectifs financiers fixés pour 2030 ? Il s'agit d'un chiffon rouge à l'heure où les finances publiques sont dégradées partout dans le monde et où les Etats se renvoient la responsabilité d'augmenter leurs dotations.

- "Des avancées" -

L'Union européenne a tenté de convaincre les grands pays émergents, dont la Chine, d'entrer dans la base officielle des donateurs afin de participer plus clairement à la préservation de la nature dans les pays en développement, ce que ces Etats ont repoussé avec force.

Un projet d'accord prévoit toutefois que des Etats puissent "volontairement" se manifester s'ils souhaitent être inclus dans cette base non actualisée depuis 2006.

"Des avancées ont été constatées", a salué vendredi Monique Barbut, renvoyant les discussions à la prochaine COP sur la biodiversité en 2028, dont le pays hôte - le Panama ou l'Equateur - devrait être nommé dans la soirée.

Les efforts visant à remettre sur les rails le "Fonds Cali", un mécanisme des Nations unies destiné au partage des bénéfices générés par les entreprises qui exploitent les données génétiques issues de plantes et d'autres organismes, se sont aussi révélés difficiles.

Cette COP17 a également donné lieu à de fortes tensions concernant les bases scientifiques qui éclairent la politique mondiale de protection de la nature, plusieurs pays étant accusés de de chercher à les affaiblir. Cela survient peu après des tentatives de pays dépendants des énergies fossiles de retarder la publication des rapports du Giec.

"Ce qui me dérange beaucoup ce sont les attaques sur la science", a indiqué Monique Barbut, selon qui "c'est toujours les mêmes et c'est sur toutes les négociations environnementales". Elle n'a pas cité directement ces Etats.

"Il existe une alliance manifeste entre la Russie, l'Arabie saoudite, l'Argentine et, dans une certaine mesure, le Brésil, avait dit la veille à l'AFP un négociateur d'un autre pays développé, évoquant un travail de concert pour tenter d'édulcorer des rapports scientifiques.

R.Otero--GBA