Gazeta Buenos Aires - Rejoint par les étudiants, le mouvement lycéen se tend: le Premier ministre convoque une cellule de crise

Euronext
AEX -0.6% 1108.24 €
BEL20 -0.47% 5579.7 €
PX1 -0.69% 7909.72 €
ISEQ -1.35% 14277.71 €
OSEBX -0.91% 2056.2 kr
PSI20 -1.32% 9539.05 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 0.57% 4516.39 €
N150 -0.68% 4176.53 €
Rejoint par les étudiants, le mouvement lycéen se tend: le Premier ministre convoque une cellule de crise
Rejoint par les étudiants, le mouvement lycéen se tend: le Premier ministre convoque une cellule de crise / Photo: Alex MARTIN - AFP

Rejoint par les étudiants, le mouvement lycéen se tend: le Premier ministre convoque une cellule de crise

Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, a dégénéré jeudi dans plusieurs grandes villes de France, contraignant le Premier ministre Sébastien Lecornu à convoquer une cellule de crise.

Taille du texte:

En tout, 340 actions étaient en cours dans la matinée devant des lycées et 169 blocages ont été comptabilisés, selon les remontées policières.

En Ile-de France, plus de 200 lycées étaient perturbés, dont une cinquantaine "le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations", selon la Région.

A Nantes, un "incendie volontaire", dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché dans le hall du lycée Nelson Mandela. A Marseille, le proviseur adjoint et deux autres personnels du lycée Victor Hugo ont été éclaboussés par des "individus qui mettaient de l’essence dans des conteneurs", a précisé le rectorat.

Des incidents violents ont également eu lieu à Besançon, et à Toulouse où des jeunes ont envahi certaines artères et les rails du tramway, bloquant complètement la circulation en certains points.

A Strasbourg, la circulation des trams a été interrompue pour "limiter les mouvements des manifestants".

"On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui dépense des millions dans des pochettes anti-téléphone mais n'investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs, a expliqué à l'AFP Maëlle, élève de 16 ans, au lycée Malherbe de Caen. Certains ont mis le feu à des poubelles, je préférerais qu'ils manifestent par des mots plutôt que par ces actions".

Appelant à un "acte deux" après la première mobilisation nationale de mardi, les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi, avec une trentaine de campus bloqués, selon le syndicat l'Union étudiante.

Des collèges ont aussi rejoint le mouvement, comme dans le Rhône où la préfecture en a comptabilisé 5 sur 36 établissements mobilisés.

- "Ligne rouge" -

Face à la situation, le Premier ministre, Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise jeudi à 13h au ministère de l'Intérieur.

Sébastien Lecornu avait dénoncé lundi sur le réseau X une "surenchère irresponsable" d'élus de la France insoumise qui avaient appelé, comme le député Louis Boyard, à "étendre" le mouvement de blocage des lycées.

Le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon lui avait aussitôt répondu en l’accusant d'avoir "ordonné la répression" du mouvement "avec un arrière-goût raciste évident", et en appelant élus et militants LFI à s'"interposer partout où" ils le peuvent.

"Nous avons dépassé une ligne rouge. On éborgne la jeunesse comme ils ont fait avec les gilets jaunes", a réagi auprès de l'AFP Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), que ces annonces n'ont pas calmé.

Les politiques ont multiplié les réactions face à la gestion du mouvement: Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a fustigé "l'irresponsabilité du gouvernement" tandis que Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, a appelé à faire interdire LFI, "un parti qui essaie d'organiser l'insurrection" avec les blocages des lycées.

Trois enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des polices, après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements. Mercredi, à Tours, un jeune homme a été blessé à la tête et hospitalisé pour des lésions "compatibles" avec un tir de LBD, selon la procureure de la République de cette ville.

"Ce sont des mineurs qui sont en face des forces de l'ordre. Evidemment, il y a un usage très proportionnel" des "armes intermédiaires", notamment du gaz lacrymogène, a expliqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez mercredi.

Pendant que les lycéens se mobilisaient, le gouvernement a présenté jeudi matin son projet de budget. Il a notamment prévu pour les étudiants non boursiers, de faire payer 178 euros de droits annuels en BTS et 270 euros pour ceux en classes préparatoires aux grandes écoles.

P.Castro--GBA