Gazeta Buenos Aires - Dans l'océan Indien, l'armée française veut s'affirmer sur fond de rivalités régionales

Euronext
AEX 0.87% 1130.95 €
BEL20 1.02% 5454.74 €
PX1 0.95% 7803.33 €
ISEQ -1.08% 13901.81 €
OSEBX 1.13% 2068.38 kr
PSI20 -0.86% 9267.5 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 3.13% 3946.77 €
N150 1.11% 4183.63 €
Dans l'océan Indien, l'armée française veut s'affirmer sur fond de rivalités régionales
Dans l'océan Indien, l'armée française veut s'affirmer sur fond de rivalités régionales / Photo: Yasuyoshi CHIBA - AFP/Archives

Dans l'océan Indien, l'armée française veut s'affirmer sur fond de rivalités régionales

Sur le tarmac de Saint-Denis, à La Réunion, une trentaine de parachutistes montent à bord d'un A400M pour un saut en mer au large de Mayotte, à 1.400 km au nord-ouest. Un exercice militaire qui illustre le rôle stratégique de ces deux îles pour l'armée française face au rivalités croissantes dans l'océan Indien.

Taille du texte:

"La Réunion, grâce notamment à sa base aérienne, fait figure de tête de pont pour rayonner dans toute la zone sud" de l'océan Indien, explique le commandant de bord de l'A400M, Clémentin.

Peu après le décollage, la tranche arrière de cet avion de transport militaire, capable d'emporter jusqu'à 37 tonnes de fret, s'ouvre pour laisser entrevoir deux Rafale, au-dessus du cratère du Piton de la Fournaise. L'appareil met ensuite le cap sur Mayotte.

Après deux heures de vol, les portes latérales s'ouvrent au large de l'île française : des canots pneumatiques sont largués à quelques centaines de mètres des côtes, avant que les parachutistes ne se jettent à leur tour à l'eau, à 500 mètres d'altitude.

"Le saut à l'eau nous permet de maintenir un savoir-faire : rejoindre un espace terrestre via la mer pour répondre à une problématique d'insularité. Ce sont des largages assez rares", souligne le chef des opérations, le lieutenant-colonel Adrien.

- "Avion couteau suisse" -

Cet exercice s'inscrit dans le cadre de la mission Pégase 26, en halte dans la région début octobre.

"L'objectif (...) est de s'entraîner à la projection de puissance en lançant des Rafale loin et vite et en s'appuyant notamment sur l'A400M, qui permet le transport de passagers et de matériel et peut assurer les secours en mer", explique le pilote.

Partie début septembre de la base aérienne 125 d'Istres (Bouches-du-Rhône) avec neuf aéronefs (quatre Rafale, trois A330 MRTT Phénix et deux A400M Atlas) et près de 300 aviateurs mobilisés, la mission est passée par le Japon, la Corée du Sud, Madagascar, l'Indonésie, l'Inde et La Réunion, après une escale tactique au Groenland.

A La Réunion, l'A400M intervient ponctuellement en appui du 2e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, basé à Saint-Pierre, qui dispose de deux avions de transport Casa.

"Il est notamment venu à Mayotte après le passage du cyclone Chido (fin 2024), pour amener des vivres sur place et de l'aide humanitaire. C'est un avion couteau suisse", poursuit le commandant Clémentin.

- "Gagner en réactivité" -

La France s'appuie sur La Réunion et Mayotte pour surveiller les espaces maritimes et contribuer à la sécurité régionale.

Ces deux îles sont placées sous le commandement des Forces armées dans la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI), qui comptent environ 2.000 militaires et couvrent une zone de responsabilité de 24 millions de kilomètres carrés, du Kenya jusqu'à l'Antarctique.

"La vocation de notre régiment est d'intervenir auprès des populations, notamment en cas de crise cyclonique ou climatique", explique le lieutenant-colonel Adrien. "Une des priorités est d'assurer la sécurité des ressortissants français dans la sous-région. Le positionnement de forces à La Réunion et à Mayotte permet aussi de gagner en réactivité en cas de crise."

Les FAZSOI participent également aux coopérations avec les pays voisins, notamment ceux de la Commission de l'océan Indien et les États riverains du canal du Mozambique, pour faciliter les interventions communes face aux trafics, aux menaces maritimes et aux catastrophes naturelles.

Dans ce vaste espace, d'autres puissances affirment toutefois leurs intérêts.

Au Mozambique, le groupe paramilitaire russe Wagner a été déployé en 2019 dans la province de Cabo Delgado (nord), avant que ses combattants ne se retirent début 2020 après avoir subi des pertes, selon l'organisation de suivi des conflits ACLED.

Aux Seychelles, plusieurs visites de navires russes ont été rapportées en 2026, témoignant de relations navales entre Moscou et l'archipel.

P.A.Villalba--GBA