Gazeta Buenos Aires - Budget: une incertitude de plus pour des entreprises très inquiètes

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Budget: une incertitude de plus pour des entreprises très inquiètes
Budget: une incertitude de plus pour des entreprises très inquiètes / Photo: SIMON WOHLFAHRT - AFP/Archives

Budget: une incertitude de plus pour des entreprises très inquiètes

Les entreprises n'ont pas encore toutes les pistes sur ce que leur réserve le budget qui sera dévoilé jeudi, incertitude qui s'ajoute à leur grande inquiétude sur la situation économique du pays.

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"Comme tous les agents économiques, y compris les ménages, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés", remarquait jeudi le président du Medef Patrick Martin sur franceinfo.

Le 9 septembre, le Premier ministre a adressé une lettre "aux entrepreneurs de France", pour les rassurer sur le thème: "On ne redresse pas durablement les comptes d'un pays en cassant son moteur économique".

Sébastien Lecornu s'y engageait à réduire le produit attendu de la surtaxe d'impôt sur les grandes entreprises inventée dans le cadre du budget 2025, puis prolongée en 2026.

La surtaxe d'impôt sur les sociétés devrait ainsi être ramenée à cinq milliards d'euros, a-t-il précisé ultérieurement, contre 7,3 milliards cette année.

Il aussi promis que, pour les aides à l'apprentissage, copieusement rabotées dans le budget 2026, "le temps est désormais à la stabilité".

Quant au pacte Dutreil, qui permet un abattement de 75% sur les droits de transmission d'une entreprise aux enfants du dirigeant, il "sera préservé".

- "Arrêtez !" -

Sébastien Lecornu a même annoncé l'arrivée d'un "pacte Papin", du nom du ministre des PME Serge Papin, facilitant fiscalement la transmission d'une entreprise à ses salariés.

Mais il est demeuré flou sur les autres mesures: "Il n'y aura pas d'impôt nouveau", a-t-il écrit, tout en indiquant que certaines niches fiscales ou sociales pourraient être réexaminées, ainsi que certaines aides aux entreprises.

Le soutien de l'Etat aux entreprises a pris un relief politique nouveau dans le débat public depuis la publication l'an dernier d'un rapport du Sénat les évaluant à 211 milliards d'euros par an, malgré les critiques du patronat sur ce calcul.

Pour Sylvain Bersinger, du cabinet Bersingéco, "le gouvernement souhaite globalement ménager les entreprises".

Toutefois, pour Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, institut de tendance libérale, maintenir en définitive la surtaxe à son niveau actuel, au lieu de la baisser, risque d'entrer dans un éventuel compromis avec le Parti socialiste pour faire passer le budget à l'Assemblée nationale, et il ne s'étonnerait pas qu'au final, la facture "double à 10 milliards".

Les entreprises serviraient ainsi "de variable d'ajustement" au budget une troisième année consécutive, redoute-t-il: "Elles ne votent pas, la population est actuellement en crise sociale, pas grand monde ne va sans doute lever la main pour dire +arrêtez+ !".

- "Quand prendront-ils conscience ?" -

Cependant, les entreprises semblent désormais s'inquiéter moins du budget que des élections présidentielles qui arrivent dans six mois et demi.

Lors des rencontres annuelles de l'U2P (union des entreprises de proximité), jeudi, son président Michel Picon n'en a pas parlé, préférant présenter un ensemble de propositions en faveur des entreprises, à soumettre aux candidats.

En revanche, il a dressé un sombre tableau de l'économie française: coût du carburant, niveau d'éducation en baisse, croissance faible, chômage en hausse, dette élevée, défaillances d'entreprises, tensions géopolitiques... "Il faut avoir un moral d’acier pour ne pas se laisser abattre", a-t-il résumé.

Le PIB a reculé de 0,2% au premier trimestre et stagné au deuxième, conduisant le gouvernement à ramener sa prévision de croissance à 0,5% pour cette année au lieu de 1% initialement, l'Insee et la Banque de France anticipant plutôt 0,4%.

"Ce n'est pas la catastrophe, observe Sylvain Bersinger, mais il y a des épées de Damoclès", comme un risque d'intensification du choc pétrolier ou d'éclatement de la bulle de l'IA, "outre l'incertitude de la présidentielle."

Patrick Martin, avec une nuance en faveur du bloc central, a observé que les discussions politiques n'abordaient pas ces questions économiques.

C'est "un débat un peu hors sol, qui surajoute à notre stress, on se dit +mais quand vont-ils enfin prendre conscience de la réalité de la situation ?+", s'est-il alarmé.

H.Salazar--GBA