Gazeta Buenos Aires - L'inflation "trop élevée" pousse la Fed à serrer la vis et braver Trump

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L'inflation "trop élevée" pousse la Fed à serrer la vis et braver Trump
L'inflation "trop élevée" pousse la Fed à serrer la vis et braver Trump / Photo: Brendan SMIALOWSKI - AFP/Archives

L'inflation "trop élevée" pousse la Fed à serrer la vis et braver Trump

La banque centrale des Etats-Unis a relevé à l'unanimité ses taux d'intérêt afin de calmer l'inflation, une mesure opposée à ce qu'attendait Donald Trump en nommant Kevin Warsh à la tête de l'institution.

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La Réserve fédérale (Fed) n'avait plus relevé ses taux directeurs, qui guident les coûts d'emprunt, depuis l'été 2023.

Ils ont été rehaussés d'un quart de point pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75% et 4%.

L'inflation est "trop élevée, depuis trop longtemps", a justifié le président de l'institution monétaire Kevin Warsh en conférence de presse.

La hausse des prix était encore de 3,7% sur un an en juillet, selon l'indice PCE privilégié par la Fed, nettement au-dessus de son objectif de 2%. Depuis, les prix à la pompe ont bondi.

La Réserve fédérale estime qu'une autre hausse de ses taux d'intérêt sera sans doute nécessaire d'ici à la fin de l'année pour combattre l'inflation.

Cela est visible dans les prévisions actualisées des responsables monétaires américains.

Selon une médiane de leurs projections, ils pensent que les taux directeurs s'établiront entre 4% et 4,25% en fin d'année, soit un cran plus haut que le niveau annoncé mercredi.

Seules deux réunions sont programmées dans l'intervalle, fin octobre et début décembre.

Les taux ne redescendraient pas avant 2028, au mieux, selon les projections des banquiers centraux américains.

- "Rester dans son couloir" -

Kevin Warsh, arrivé aux manettes au printemps, est le seul responsable à ne pas se livrer à cet exercice de projections, qu'il juge hasardeux voire contre-productif.

Il a été désigné par Donald Trump, qui n'a jamais caché attendre de lui des taux plus bas pour stimuler la croissance.

Le chef de l'Etat a notamment mené une campagne de pressions inédite contre le prédécesseur de Kevin Warsh, Jerome Powell, qu'il avait lui-même nommé pendant son premier mandat.

Pour les investisseurs, l'inflation ne laissait guère d'autre choix à Kevin Warsh que de décevoir à son tour le locataire de la Maison Blanche.

La Fed s'est-elle sentie obligée d'agir parce que c'était l'issue attendue par les marchés? "C'était notre décision", a assuré Kevin Warsh.

Peu après l'annonce, la Maison Blanche a jugé "malheureuse" la décision de la banque centrale américaine.

Le communiqué de la Fed a orienté les marchés financiers à la hausse, mais la conférence de presse a inversé la tendance. Le ton résolu et sans détour de Kevin Warsh a quelque peu bousculé Wall Street.

Sur le marché obligataire - où s'échangent les titres de dette publiques - le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans (le plus suivi) s'est tendu pour franchir 5%.

Un relèvement des taux vise à refroidir quelque peu l'économie: il est davantage coûteux de s'endetter et investir, ce qui calme la demande pour certains biens et services.

Cela ne réglera pas les tensions liées à la crise énergétique dans le Golfe, déclenchée par la guerre au Moyen-Orient, mais évitera en théorie que d'autres secteurs surchauffent.

Le pouvoir d'achat sous pression des Américains est au coeur de la campagne en vue des prochaines élections législatives nationales (les "midterms"), début novembre aux Etats-Unis.

Le conseiller économique du président Kevin Hassett avait lancé une forme de mise en garde dimanche en jugeant "important que la Fed ne touche à rien avant une élection afin de préserver son indépendance".

"Le président Trump et moi pensons qu'il n'y a actuellement aucune raison de relever les taux", a-t-il fait savoir.

Début septembre, Donald Trump a menacé de rompre les relations commerciales avec certains pays en cas de relèvement des taux.

La Maison Blanche a aussi suggéré à plusieurs reprises ces dernières semaines que le comité monétaire de la Fed était peuplé par des éléments "antipatriotes" qui pourraient chercher à forcer la main de Kevin Warsh.

Interrogé sur l'indépendance de l'institution vis-à-vis du pouvoir politique, M. Warsh a affirmé que la Fed devait rester "dans son couloir", celui de la politique monétaire.

"Nous laissons ceux qui décident de la politique commerciale et budgétaire rester aussi dans leur couloir", a-t-il ajouté.

C.Silva--GBA