Moins de petits colis en France, des "résultats tangibles" de la lutte contre les plateformes asiatiques
Un an après le scandale des poupées pédopornographiques sur Shein, le gouvernement s'est réjoui de "résultats tangibles" dans la lutte contre les dérives des plateformes asiatiques, annonçant une baisse drastique des volumes de petits colis chinois vers la France.
Mercredi au ministère de l'Economie, le gouvernement a révélé que le nombre de petits colis envoyés en France avait fortement chuté entre juin et août, d'après les montants de TVA déclarés, y voyant le résultat concret de la mise en place d'une taxe européenne en juillet.
Cette chute de 48 % des montants déclarés montre une baisse à la fois en termes de volumes et en valeur des petits colis vers la France des sites tels Shein, Temu et AliExpress, a précisé le cabinet du ministre de l'Action et des Comptes publics à l'AFP, lors d'une conférence de presse.
En novembre 2025, la colère sourde des commerçants européens s'estimant lésés par l'essor fulgurant des plateformes asiatiques de vente en ligne s'est transformée en bronca générale lorsqu'ont été découverts sur Shein des jouets sexuels à l'apparence de fillettes, ainsi que des armes et des médicaments interdits à la vente.
Cet incident a mis en lumière des dysfonctionnements sur les sites marchands de produits à prix cassés en provenance de Chine qui ont alors été accusés par les entreprises européennes, les associations et les autorités publiques de vendre des produits non conformes et/ou dangereux.
Et de profiter d'une exemption douanière facilitant l'import de tout petits colis sur le sol européen.
Ainsi, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'Union européenne en 2025, soit plus de 180 chaque seconde. C'est quatre fois plus qu'en 2022. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine, généralement via des sites comme Shein, Temu, AliExpress.
Concurrence déloyale envers les entreprises européennes ne bénéficiant pas des mêmes exemptions mais aussi pollution environnementale, contrefaçons, infractions à la sécurité des consommateurs, il n'en fallait pas plus pour qu'au niveau européen soient prises des mesures.
- "Encore du travail" -
L'Union européenne a choisi la contrainte fiscale pour juguler cet afflux massif de colis. C'est pourquoi elle impose depuis le 1er juillet une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produits contenus dans les colis importés d'une valeur inférieure à 150 euros.
En outre, des "frais de traitement" de 2 euros s'y ajouteront dès le 1er novembre, avec les mêmes modalités, dans l'optique de financer le renforcement des contrôles douaniers.
Car face à une telle avalanche de marchandises, qui creuse le déficit commercial européen, il est impossible de contrôler systématiquement les colis. Cela permet à des produits dangereux ou contrefaits de passer entre les mailles du filet.
Industriels et commerçants européens dénonçaient de longue date une concurrence déloyale et plusieurs pays, France en tête, ont poussé l'Union européenne à agir pour endiguer le phénomène.
Outre la baisse des montants de TVA déclarés, le ministre du Commerce Serge Papin s'est félicité mercredi de la chute de fréquentation depuis la France des plateformes Shein (-42 %), Temu (-36 %) et AliExpress (-10%) sur le mois de juillet et d'"une baisse des ventes en valeur" de l'ordre de 25 % sur le mois de septembre.
"Ces chiffres envoient des messages forts, que notre action a des effets", s'est-il réjoui.
"Nous avons encore du travail", a toutefois nuancé M. Amiel car "les opérateurs adaptent leur logistique et les enquêtes prennent du temps".
R.Otero--GBA