Gazeta Buenos Aires - Anti-obésité, peptides… la difficile lutte contre le trafic en ligne

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Anti-obésité, peptides… la difficile lutte contre le trafic en ligne
Anti-obésité, peptides… la difficile lutte contre le trafic en ligne / Photo: Indranil MUKHERJEE - AFP/Archives

Anti-obésité, peptides… la difficile lutte contre le trafic en ligne

Anti-obésité, peptides: le trafic de ces médicaments vendus illégalement sur internet s'intensifie ces derniers mois, au rythme des découvertes médicales prometteuses, mettant parfois en difficulté les autorités chargées de l'endiguer, avec des conséquences dangereuses pour la santé.

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"On en intercepte toutes les semaines et on constate une demande grandissante", explique à l'AFP un analyste de l'Observatoire des médicaments, au sein de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), ne souhaitant pas être identifié nommément.

En ligne, des dizaines de sites vendent illégalement des traitements anti-obésité de type GLP-1, comme l'Ozempic et le Wegovy, ou des peptides dépourvus d'autorisation de mise sur le marché, présentés comme révolutionnaires pour perdre du poids ou améliorer la récupération musculaire.

Les peptides sont de petites chaînes d'acides aminés qui, en s'assemblant, forment les protéines de notre organisme. Reproduits en laboratoire, ils servent de principes actifs à des médicaments connus, comme l'insuline.

Parmi les produits saisis par les Douanes: du Retatrutide, une molécule prometteuse comme anti-obésité, mais "encore en phase expérimentale", précise l'analyste.

L'office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) note lui aussi "une augmentation du trafic" bien que "difficile à quantifier", dit à l'AFP le commandant Hugo Rodrigues. "C'est malheureusement extrêmement facile de se procurer ces produits", venant majoritairement d'Inde ou de Chine, déplore-t-il.

Face à l'explosion du trafic, l'Agence du médicament (ANSM), ainsi que d'autres agences sanitaires européennes, a donné l'alerte dès septembre 2025 concernant les anti-obésité, avant de l'élargir aux peptides à l'été. Elle a pris depuis "une dizaine de décisions de police sanitaire", visant à faire cesser la vente illégale ou la publicité pour ces produits.

Elle indique effectuer des signalements sur le portail Pharos du ministère de l’Intérieur, où sont déclarés les contenus illicites sur internet, et "saisir systématiquement le Procureur de la République", des dossiers "en cours d'instruction".

- "Difficile à endiguer" -

Cependant, les moyens dont disposent les autorités sanitaires pour faire cesser le trafic apparaissent limités et l'ANSM reconnaît que le phénomène "reste difficile à endiguer".

Tout d'abord les autorités contactées ne peuvent ni bloquer ni fermer directement un site vendant illégalement ces produits, car cela nécessite que "l'administrateur accepte de bien vouloir retirer les annonces", décrit le commandant Hugo Rodrigues.

Et même si un site ferme, "le lendemain, un autre ouvre. On ne peut pas faire face à cette plasticité-là", admet-il.

S'ajoutent des difficultés réglementaires liées à la qualification des produits.

Certains peptides vendus illégalement sur internet et arrivés récemment sur le marché n'étant pas reconnus comme "médicaments" par les autorités de santé, il n'y a "pas de fondement légal pour saisir les produits", explique l'analyste du renseignement et des enquêtes douanières.

Résultat : "les décisions se font au cas par cas, en prenant contact avec les autorités partenaires, et il arrive qu'on soit obligé de libérer la marchandise même si cela est de plus en plus rare", car ces produits sont de mieux en mieux identifiés comme des médicaments, explique-t-il.

- Des signalements sous-estimés -

L'ANSM rappelle aussi régulièrement que la composition des produits vendus illégalement sur internet "est inconnue" et que "leur utilisation peut entraîner de graves problèmes de santé".

En 2025, une dizaine de cas d'effets indésirables liés à l'utilisation d'anti-obésité de type GLP-1 obtenus via Internet, les réseaux sociaux ou le marché noir ont été signalés en France, détaille à l'AFP Jean-Luc Faillie, coordinateur de l'enquête nationale de pharmacovigilance sur ces médicaments.

Ce nombre est "très fortement sous-estimé", estime le pharmacologue.

Parmi les effets indésirables observés, un jeune homme de 33 ans a fait un coma hypoglycémique après s'être injecté un produit présenté comme de l'Ozempic, "mais étant sûrement de l'insuline", décrit le Pr Faillie.

Concernant le Retatrutide, une dizaine de signalements ont été faits depuis le printemps, "ce qui est inédit pour un médicament encore en développement", souligne-t-il.

L'ANSM insiste sur le "rôle majeur" de "l'information du grand public et la communication autour de la dangerosité de ces produits".

Pour le Pr Faillie, il faut prendre des mesures contre leur promotion en ligne et renforcer "la lutte contre la désinformation".

O.Soria--GBA