Affaire Epstein : les perquisitions liées à l'arrestation d'Andrew jugées illégales, l'enquête se poursuit
La Haute Cour à Londres a donné raison à l'ex-prince Andrew en jugeant illégales les perquisitions menées chez lui en février lors de son arrestation dans le cadre de l'affaire Epstein, mais la police cherche les moyens de garder les pièces saisies pour son enquête.
"Une erreur significative a été commise lors de la demande et de la délivrance des mandats de perquisition", ce qui "suffit à rendre ces mandats, les perquisitions et le matériel saisi illégaux", a estimé un juge de la Haute Cour dans une décision de dix pages rendue jeudi.
Le frère du roi Charles III, 66 ans, contestait devant la Haute Cour à Londres la légalité des perquisitions menées à son domicile actuel et dans son ancienne résidence, dans la foulée de son arrestation historique en février.
Il n'était pas présent à l'audience de jeudi.
"Le fait que les mandats de perquisition aient été annulés ne met pas fin à l'enquête, ni ne signifie que l'ensemble de l'enquête était illégal", a précisé le juge Nicholas Hilliard.
Ces perquisitions avaient été "annulées" par la Haute Cour le 22 juillet, précise dans un communiqué la police de la Thames Valley, qui cherche toutefois les moyens légaux de garder les pièces saisies lors de ces fouilles et précise que son enquête se poursuit.
Elle dit accepter "la position selon laquelle la décision initiale du tribunal de délivrer des mandats sur la base de la législation spécifique utilisée était incorrecte et qu'ils doivent par conséquent être légalement annulés", reconnaissant un vice de procédure.
- Audience en 2027 -
Le juge Hilliard indique que le prince déchu s'oppose à la demande de conservation des preuves formulée par la police. Une audience se tiendra à huis clos, "pas avant 2027", prolongeant encore un peu plus cet dossier embarrassant .
Le magistrat a toutefois souligné qu'il "n'y aurait guère d'intérêt à restituer ces preuves si c'est pour pouvoir ensuite les ressaisir légalement sur le fondement d'une autre disposition".
Les perquisitions avaient eu lieu dans la résidence du frère du roi Charles III à Sandringham (est de l'Angleterre) et dans sa précédente résidence à Windsor, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Londres.
Andrew avait été arrêté le 19 février, le jour de son anniversaire, et placé en garde à vue pendant plusieurs heures, du jamais vu dans l'histoire moderne de la famille royale britannique, après de nouvelles révélations concernant ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, mort en 2019 en prison.
Il n'a pas été inculpé à ce jour et a toujours nié toute faute en lien avec l'affaire Epstein.
Il fait l'objet d'une enquête policière pour "manquement dans l'exercice d'une fonction publique", soupçonné d'avoir transmis des documents économiques confidentiels à Jeffrey Epstein lorsqu'il était émissaire du Royaume-Uni au Commerce entre 2001 et 2011.
La police avait fait savoir en mai qu'elle examinait par ailleurs une accusation d'agression sexuelle visant le prince déchu.
Andrew Mountbatten-Windsor a été déchu de ses titres royaux en 2025 par le roi Charles III, dans la foulée notamment de la publication des mémoires posthumes de Virginia Giuffre, la principale accusatrice de Jeffrey Epstein, mettant en cause le frère du roi.
Il a été contraint de quitter la résidence de Royal Lodge sur le domaine de Windsor où il vivait depuis plus de vingt ans pour déménager dans le domaine de Sandringham, dans le Norfolk.
Andrew a été accusé d'agressions sexuelles par l'Américaine Virginia Giuffre, notamment lorsqu'elle avait 17 ans. Celle-ci s'est suicidée en avril 2025.
X.Saavedra--GBA