Gazeta Buenos Aires - Manifestations de jeunes prévues dans toute l'Italie vendredi

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Manifestations de jeunes prévues dans toute l'Italie vendredi
Manifestations de jeunes prévues dans toute l'Italie vendredi / Photo: Piero CRUCIATTI - AFP/Archives

Manifestations de jeunes prévues dans toute l'Italie vendredi

De nouvelles manifestations de jeunes sont prévues vendredi dans de nombreuses villes d'Italie, notamment Rome, Milan, Turin, Bologne ou encore Palerme, suscitant la préoccupation des autorités après les violences des 17 et 18 octobre à Milan.

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Les jeunes manifestent depuis plusieurs semaines pour dénoncer l'urgence climatique, demander des financements plus importants pour les établissements scolaires, ou davantage d'aides au logement pour les étudiants.

"Vendredi, nous nous attendons à une mobilisation massive (...) des élèves, qui bloqueront et videront les établissements scolaires", a déclaré à l'AFP Laura Teresi, 18 ans, l'une des porte-parole du mouvement des lycéens OSA.

"Nous descendrons dans la rue pour dénoncer les politiques de réarmement du gouvernement Meloni et la hausse du coût de la vie qui pèse de plus en plus lourd sur les familles, les travailleurs et les élèves", a ajouté cette élève du lycée Cavour à Rome.

"En tant qu'étudiants, nous descendrons également dans la rue pour protester contre les politiques éducatives du ministre (Giuseppe) Valditara et les coupes budgétaires incessantes dans l'enseignement", a poursuivi Laura Teresi.

Les autorités s'inquiètent de voir se répéter les violences perpétrées les 17 et 18 octobre à Milan, la capitale économique du pays, lorsque de petits groupes de jeunes, sans coordination entre eux, ont incendié des voitures ou cassé les vitrines de magasins de luxe pour voler des articles.

Vendredi, les jeunes manifesteront en même temps que le syndicat USB (gauche contestataire), qui a appelé à la grève générale.

"Le contexte général italien et européen est caractérisé par une crise et un malaise social, économique et culturel qui touche différentes couches de la société et différentes régions", a expliqué Rosario Forlenza, professeur d'histoire contemporaine et d'anthropologie politique à l'université Luiss de Rome.

"La jeune génération représente une minorité de la population, je crois environ 20 à 21 % (...), une génération sous-représentée sur le plan politique, qui constate que l'attention des responsables politiques se porte ailleurs et qui vit donc dans une situation de précarité, de détresse sociale et même d'absence d'avenir", a précisé M. Forlenza, lors d'une rencontre avec la presse étrangère à Rome.

Face aux manifestations des jeunes, le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia Meloni a prévu des mesures de répression plus larges, incluant des restrictions sur les rassemblements publics, un assouplissement des règles de détention des mineurs et des sanctions plus sévères à l'encontre de leurs parents.

- "La faute des réseaux sociaux" -

En parallèle, le gouvernement a aussi décidé le 22 octobre d'un plan d'aide de 175,2 millions d'euros destiné aux routiers, agriculteurs et pêcheurs touchés par l'envolée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.

Des mesures en faveur des jeunes et des familles sont également prévues dans le projet de budget 2027, actuellement en discussion entre les différents partis de la majorité, comme une prime annuelle de 2.500 euros pour les travailleurs de moins de 30 ans.

"J'espère que cela pourra apporter des réponses aux jeunes en général (...) qui ont l'impression que l'Etat ne s'occupe pas d'eux", notamment ceux qui partent à l'étranger, a lancé Giorgia Meloni en conférence de presse mercredi soir, précisant que ces mesures ne s'adressent "pas à ceux qui brisent des vitrines".

Le psychologue et psychothérapeute Matteo Lancini estime pour sa part que "ce sont des générations qui ont grandi en considérant comme normal qu'on tue des enfants, d'être confrontées à la violence et à l'individualisme; tout cela a créé un mélange qui, ces dernières années, pousse de nombreux jeunes (...) à exprimer toute leur peur en se promenant avec des couteaux".

"L'école est le lieu qui génère le plus de malaise, car elle est totalement déconnectée des besoins actuels des nouvelles générations en matière de développement, d'identité et de vie sociale, alors qu'elle est pourtant le meilleur endroit pour grandir", a poursuivi cet expert, devant la presse étrangère à Rome.

"Il faudrait une école qui change radicalement, une école qui ne soit pas conçue pour le système de retraite des adultes. Tout le monde se donne bonne conscience en disant que c'est la faute des réseaux sociaux", a conclu M. Lancini.

F.Alonso--GBA