Familles de France et la CGT s’inquiètent d’une remise en cause des avantages familiaux
Familles de France et la CGT ont critiqué vendredi des pistes d'économies envisagées dans un récent rapport demandé par le Premier ministre Sébastien Lecornu et qui propose 4,2 milliards d'euros d'économies sur les politiques familiales.
La CGT accuse le gouvernement, qui planche sur le projet de budget et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, de préparer "des économies au détriment des familles et des étudiants, "malgré un excédent" de 1,2 milliard de la branche famille de la Sécurité sociale.
"Il n'est nullement question d'en faire bénéficier les familles, le gouvernement entend au contraire mettre en œuvre de nouvelles mesures d'économies ou procéder à une réorientation des fonds existants", dénonce vendredi le syndicat dans un communiqué.
Un rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF), daté de juin et repéré le 12 août par le journal les Echos, propose au gouvernement près de 2,5 milliards d'euros d'économies à court terme et jusqu'à 4,2 milliards à long terme sur les politiques familiales.
"Autant de dépenses supplémentaires que les parents et leurs enfants devront supporter si elles sont mises en œuvre", relève la CGT, qui dénonce notamment la "réduction des APL pour les étudiants" ou "la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité", qui "viendra alourdir davantage le coût de la scolarité et des études pour de nombreux ménages".
"L'harmonisation à la baisse de certaines prestations, au motif qu'elles bénéficieraient davantage aux familles les plus aisées" remet "fondamentalement en cause le principe d'universalité de la Sécurité sociale", que la CGT "entend défendre sans concession".
Familles de France a mis en garde de son côté contre une éventuelle remise en cause de la majoration de pension de 10% accordée aux parents de trois enfants ou plus, évoquée dans ce rapport, qui suggère de la remplacer par une majoration forfaitaire de 125 euros par mois.
Pour Familles de France, "les droits familiaux à la retraite" "constituent une forme de reconnaissance de l’investissement des parents dans l’éducation des enfants et de la contribution des familles à l’avenir de la société".
La fédération d'associations estime que "réduire ces droits au nom de la seule recherche d’économies pourrait conduire à fragiliser davantage les pensions de personnes dont les carrières ont déjà été affectées par les responsabilités familiales".
Les carrières des femmes en particulier "restent souvent marquées par les interruptions d’activité et le temps partiel liés à l’arrivée et à l’éducation des enfants", souligne-t-elle.
L'organisation demande à l'exécutif de "ne pas faire des familles une variable d'ajustement budgétaire" et "de garantir que toute évolution des droits familiaux à la retraite ne se traduise pas par une diminution du niveau de pension des parents".
W.Rojas--GBA