Gamescom 2026: l'industrie du jeu vidéo se réunit à Cologne en attendant "GTA VI"
Bousculé par l'arrivée du mastodonte "GTA VI" et la fin annoncée des jeux sur disque chez Sony, le monde du jeu vidéo se donne rendez-vous mardi à Cologne (Allemagne) pour la Gamescom, plus grand salon européen du secteur, non sans inquiétudes sur son avenir.
Après une soirée de lancement présentant les principales sorties à venir - avec en point d'orgue le dernier opus de la saga Final Fantasy - le grand rassemblement du jeu vidéo, fréquenté l'an dernier par près de 360.000 visiteurs, ouvrira ses portes mercredi aux professionnels puis jeudi au public, jusqu'à dimanche.
"GTA VI", grand absent très présent
S'il ne sera pas présenté à la Gamescom, le nouvel opus de la série à succès Grand Theft Auto, en piste pour devenir le 19 novembre le plus gros lancement de l'histoire de l'industrie, donne des cauchemars aux autres éditeurs.
Pour éviter de se retrouver en concurrence avec le blockbuster de Rockstar Games, qui connaît des chiffres de précommandes "jamais vus dans l'industrie", selon le PDG de son éditeur Take-Two, de nombreux studios ont concentré leurs sorties en septembre-octobre.
Résultat: un embouteillage de plusieurs dizaines de titres majeurs commercialisés d'ici quelques semaines.
Face à cette concurrence accrue, "certains jeux ne se vendront pas aussi bien" que prévus cette année, prévient Rhys Elliott, expert au cabinet spécialisé Alinea Analytics.
Fin de partie pour le CD
C'est sans nul doute le sujet qui sera le plus discuté dans les allées du Koelnmesse, où chaque studio dispose d'un stand pour permettre de tester les dernières nouveautés: l'arrêt par Sony de la production de jeux sur support disque à partir de 2028.
Le géant japonais, qui a démocratisé le format disque sur console avec sa première PlayStation dans les années 1990, compte basculer vers le tout-numérique, les achats dématérialisés pesant près de 82 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 au début de 2026.
Une décision qui soulève des inquiétudes chez une partie des joueurs, qui redoutent la fin du marché de l'occasion et la disparition d'un pan du patrimoine vidéoludique.
Microsoft cherche un cap
Si Sony fait à nouveau l'impasse sur la Gamescom, son rival Microsoft - qui fête cette année les 25 ans de sa première Xbox - y présentera plus de 25 jeux, dont "Call of Duty: Modern Warfare 4" et "Gears of War: E-Day".
Ce dernier sera finalement exclusif à ses consoles, a annoncé en juin le géant américain, qui s'efforçait depuis deux ans de porter ses principaux titres sur d'autres plateformes afin de rentabiliser des coûts de développement de plus en plus élevés.
Selon Rhys Elliott, ce "changement à 180 degrés" de la stratégie de Xbox, impulsé par sa nouvelle direction, s'inscrit dans une volonté de "regagner la confiance" des fidèles de la marque.
Mais Xbox, qui a multiplié les acquisitions ces dernières années, a vu son chiffre d'affaires baisser de 7% en 2025. Microsoft a annoncé début juillet la suppression immédiate de 1.600 postes dans sa division jeux vidéo, et 1.600 postes supplémentaires d'ici fin juin 2027.
Une industrie à la peine
Confrontés à une baisse des investissements, après une période faste liée aux périodes de confinement, de nombreux studios sont aussi passés par des vagues de licenciements: plus de 1.000 salariés chez l'éditeur américain de "Fortnite" Epic Games en mars, près de 300 postes au studio américain Bungie ("Marathon") de Sony en juin...
Depuis janvier, près de 10.000 personnes ont perdu leur emploi dans l'industrie, selon le site ASGC Games Industry Layoffs Tracker, qui estime que ce chiffre pourrait avoisiner les 15.000 sur l'année, soit proche du record de 2024.
Si le marché mondial du jeu vidéo est toujours en croissance, avoisinant pour la première fois les 200 milliards de dollars en 2025, une poignée de jeux à succès comme "Roblox" et "Fortnite" captent une grande partie du temps des joueurs.
En France, de nombreux studios historiques connaissent également des difficultés, comme le géant Ubisoft, en pleine restructuration, ou le groupe Nacon, placé en redressement judiciaire en mars.
O.Peralta--GBA