Bercy sous le feu des critiques après le piratage du fisc
Bercy va détailler mardi après-midi sa réponse au piratage massif du fisc, au lendemain d'une réunion de crise avec Matignon où Sébastien Lecornu a demandé un état des lieux de cette cyberattaque qui a abouti au vol des données personnelles de quelque 700.000 usagers.
La conférence de presse est prévue à 16H00 au ministère de l'Economie et des Finances, en présence notamment du ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel.
Le 12 août, un groupe se présentant comme un duo français, , a revendiqué un vol massif de données issues du fisc français.
La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ainsi que le vol de données concernant au moins 678.000 particuliers et professionnels et environ 200.000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête notamment pour "extraction frauduleuse de données" et "association de malfaiteurs".
Lundi, l'administration a commencé à contacter les plus de 350.000 particuliers concernés pour les sensibiliser aux risques d'hameçonnage et d'usurpation d'identité notamment. De son côté, le groupe de pirates, contactés par l'AFP le même jour, a affirmé avoir vendu les données dérobées.
Le ministère n'a pas précisé les sujets abordés lors de cette conférence de presse mais les services de Bercy sont sous le feu des critiques.
Ce piratage pose la question de l'efficacité des contrôles de l'administration qui n'a pas pu détecter ce vol massif de données.
Et l'affaire menace désormais de se déplacer sur le terrain politique à quelques semaines de la rentrée et de la reprise des discussions budgétaires.
Les sénateurs socialistes ont ainsi demandé une commission d'enquête parlementaire, relevant également une autre fuite de données qui avait affecté Bercy.
Mi-février, le ministère avait rapporté qu'un pirate avait pu consulter les données de quelque 1,2 million de comptes bancaires en pénétrant dans le fichier des comptes bancaires, Ficoba.
Cette nouvelle attaque s'ajoute à une longue liste de faits similaires visant des administrations et des services publics, relançant le débat sur la sécurité des systèmes d'informations de l'Etat.
Mi-avril, l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), qui gère les demandes de pièces d'identité, a été frappée par une attaque massive, concernant les données de près de 12 millions de particuliers et de professionnels. Sébastien Lecornu avait annoncé dans la foulée un plan pour la cybersécurité, avec notamment la création d'une autorité du numérique de l'Etat.
H.Salazar--GBA