Gazeta Buenos Aires - Mort de Nahel Merzouk: le policier auteur du tir sera jugé pour violences et non pour meurtre

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Mort de Nahel Merzouk: le policier auteur du tir sera jugé pour violences et non pour meurtre
Mort de Nahel Merzouk: le policier auteur du tir sera jugé pour violences et non pour meurtre / Photo: JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Mort de Nahel Merzouk: le policier auteur du tir sera jugé pour violences et non pour meurtre

Le policier auteur du tir ayant tué Nahel Merzouk en juin 2023 à Nanterre sera jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non pour meurtre, une décision qualifiée par la famille de l'adolescent de "scandaleuse".

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La cour d'appel de Versailles a décidé jeudi la requalification des faits à l'encontre du policier initialement poursuivi pour meurtre et ordonné qu'il soit jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine.

Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué le 27 juin 2023 d'une balle tirée à bout portant par un policier qui contrôlait le véhicule de la marque Mercedes qu'il conduisait.

Son décès, devenu symbole des violences policières, avait été à l'origine de plusieurs nuits d'émeutes à travers la France.

Le 3 juin 2025, deux juges d'instruction avaient ordonné le renvoi du fonctionnaire auteur du tir devant la cour d'assises pour meurtre, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre. Le policier avait fait appel de cette ordonnance.

"Florian M. avait pu avoir la conviction qu'en redémarrant, la Mercedes était susceptible de porter atteinte à l'intégrité physique de tiers ou à la sienne", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

La cour d'appel a par ailleurs confirmé le non-lieu pour le second policier présent lors de l'intervention.

- "Application stricte du droit" -

"S'agissant de mon client, la cour a décidé qu'il n'y avait pas d'intention d'homicide, c'est-à-dire qu'il n'a pas essayé de tuer Monsieur Nahel Merzouk", a réagi Laurent-Franck Liénard, avocat du policier auteur du tir.

"La cour n'a pas eu le courage de prononcer le non-lieu qu'elle devait prononcer puisque nous sommes dans un cas d'application stricte du droit et mon client n'a fait qu'appliquer la loi", a-t-il déploré.

L'avocat a par ailleurs annoncé qu'il allait "certainement saisir la Cour de cassation".

Pour Me Frank Berton, qui défend la mère de l'adolescent et annonce se pourvoir en cassation, cette décision est "scandaleuse et honteuse".

"Je peux vous dire que la mère de Nahel est scandalisée, tous ses comités de soutien le sont aussi: jusqu'à présent ils ont fait confiance à la justice, et la chambre de l'instruction de Versailles confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d'assises", a-t-il regretté.

Le conseil de Mounia Merzouk estime que cette requalification équivaut à "mettre en place des barrières de protection pour le policier, en disant bien évidemment, on ne va pas renvoyer un policier devant une cour d'assises", en somme "une décision pas que juridique (mais) aussi politique".

- "Incompréhensible" -

"Ce qui est encore plus étonnant, c'est que la cour n'ait pas retenu les circonstances aggravantes qui sont l'utilisation d'une arme et la qualité de policier de l'auteur de ces faits", a-t-elle commenté.

Satisfaction en revanche chez Me Pauline Ragot, qui défend le second policier ayant bénéficié d'un non-lieu. L'avocate se réjouit d'une "décision qui rétablit une partie de la vérité (...) en venant entériner l'innocence de (s)on client".

"La cour d'appel vient de confirmer (...) qu'il n'a non seulement jamais porté aucun coup à Nahel Merzouk et qu'il n'a jamais non plus incité au meurtre par ses propos", a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs annoncé qu'elle déposerait plainte pour dénonciation calomnieuse à l'encontre des deux passagers du véhicule que conduisait Nahel Merzouk, dénonçant des "mensonges" de ces deux jeunes.

"Aujourd'hui, il est temps pour eux de rendre des comptes à la justice sur leurs mensonges qui n'ont fait qu'envenimer une affaire qui était déjà suffisamment dramatique", a déclaré Me Ragot.

Mes Pauline Rainaut et Karen Noblinski, qui défendent les passagers du véhicule, n'ont pas réagi dans l'immédiat à l'annonce de cette plainte.

Interrogées sur la requalification des faits reprochés au policier mis en cause, elles se sont dites "absolument abasourdies par cette décision qui ne correspond pas à la réalité juridique et factuelle du dossier".

D.Bianchi--GBA